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Acte 1 - Epilogue d’une mer capricieuse

par Arthur

 

Violet, vert. Vert, violet. Violet, vert. La suite vous la connaissez : l’enchainement des couleurs choisies par la SNCF pour décorer les sièges de ses TGV. 

 

C’est il y a un mois, qu’enfoncés dans ces sièges criards d’un Paris-Marseille, nous avons quitté la gare de Lyon pour nous lancer, pleins d’appréhension, dans une aventure qui nous dépasse. Représentez-vous quatre gosses sautant de joie car leur nounou aurait enfin consenti à leur offrir un paquet de Pik-Pak sortant de la bouche d’un personnage Looley Tunes à la caisse du Leclerc du coin. Vous l’avez ? Et bien le départ, c’était pas ça. Oh non ! Prenez plutôt le pauvre marmot qui, un matin de rentrée des classes, s’apprête à passer pour la première fois les portes d’un nouveau collège : il a peur. Peur de ne pas se faire de potes, peur de sa potentielle sortie de route en ce jour où tout écart lui sera fatal pour sa future vie sociale. Mais il sent l’excitation monter à l’idée de noircir pour la première fois son agenda Ben, qu’il a obtenu en bataillant bec et ongles avec sa mère. 

 

On ne vous le cache pas, le départ ne fut pas facile. Une bise aux parents, quelques moments -trop rapides- passés avec ceux qui comptent, un pot de départ bien arrosé, un Divan du S. endiablé et nous voilà tous les quatre. Juste nous quatre. Pour un an. 

 

Voilà un mois que nous avons mis les voiles et sillonnons la Méditerranée espagnole. Un mois que nous apprenons à découvrir de nouveaux endroits en bateau et que nous gérons -avec plus ou moins d’efficacité-  les problèmes liés à ce mode de transport si spécial. Un mois que notre grande aventure a commencé. Un mois que nous réalisons que nous sommes partis. Notre silence, hormis quelques photos, vous a peut être semblé un peu pesant. Mais il fallait nous laisser le temps de faire nos premières expériences. C’est chose faite. Et voilà notre premier état des lieux de l’itinéraire d’un bateau gâté. 

 

On nous l’avait dit, « la Med c’est compliqué ». Trop de vent ou pas assez, orages ou pétole, calme plat virant à la mer déchainée en quelques minutes. Elle nous en a fait baver la Med. Et pourtant … cette mer difficile nous a offert un premier mois haut en couleur. Partis un 12 septembre de Marseille, il nous a fallu assez peu de temps pour rallier Barcelone. Sous une vingtaine de noeuds de vent et une mer formée, Hautilus a dévalé le golfe du Lion, enchainant pointes à 12 noeuds dans les surfs et départs au lof. 

 

Puis notre notion du temps disparaît et les escales s’enchaînent : après Barcelone, nous traçons à Minorque. Biche est tout sourire car elle va enfin pouvoir fouler de ses pieds la fameuse Cova den Xoroi (un coup de Google et vous comprendrez), tandis que Tim et Tut s’essayent au harpon sur les plages paradisiaques de sable blanc. Les rochers s’en souviennent, les poissons un peu moins. 

 

Quelques jours plus tard, nous quittons cette petite île pour rejoindre Majorque. La-dessus peu de choses à dire. L’escale qui devait durer une nuit s’est transformée en une délicieuse petite semaine de vacances dans un port qui rivalise de beauté avec Saint-Gilles-Croix-de-Vie (un coup de Google et vous comprendrez), en raison d’un problème moteur. Mais bon … c’est la plaisance, c’est le pied comme disait l’autre. 

 

Arrivés un samedi, nous décollons -enfin- le jeudi d’après dans le but de nous rendre à Gibraltar. L’excitation est palpable mais le vent n’est pas forcément au rendez-vous. Et là commence une longue traversée de 7 jours 6 nuits, rythmés par les « à table » tonitruants de notre maître coq à nous, dont les cheveux, pour ceux que ça inquiéterait, n’ont plus grand chose à envier à ceux de mister Bob M. 

 

7 jours en mer c’est long. D’autant qu’on doit le gros du travail à Nanni, un valeureux assemblage d’aluminium, d’injecteurs et d’inverseur. Alors on lance Tim sur le sujet des scouts, ça fait passer le temps. Et on s’occupe comme on peut : Alex ne lâche son Kindle que pour pleurer la mort de Dumbledore et Biche range des choses que Tut dérangera par principe, quand il n’essaye pas de faire accepter ses « ptits sons berlinois » aux trois autres larons. 

 

Enfin, quelques orages plus tard, nous arrivons à Gibraltar. On aimerait bien pouvoir vous en parler, mais ça semble compliqué car nous n’y sommes pas encore. La suite au prochain épisode !

 

Stay tuned

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