
Cuba, manifeste du trépas communiste
par Alex
Cuba est une île magnifique à l'histoire véritablement passionnante. La nature y est splendide, encore presque intouchée par endroits. Les villes, héritées d'un passé colonial riche sont charmantes et colorées. Les plantations de cannes à sucre et de tabac sont florissantes sur l'ensemble du territoire. Mais l'activité économique la plus rentable de l'île reste très certainement de presser les olives. Cuba pourrait même être considérée comme le plus grand pressoir à olives de la planète. Les olives, longtemps interdites à Cuba pour des raisons politiques évidentes, arrivent par avion ou plus rarement par bateau. A l'arrivée sur le territoire l'olive est dénoyautée, l'olive se verra en effet remettre une carte de touriste. Là où les autres pays du monde libre distribuent un visa, Cuba aura à cœur de dépouiller à l'olive qui foule sa terre battue son identité propre et de l'estampiller "turista". Il y a bien les noires les vertes et les pas mûres mais dans l'ensemble toutes les olives se valent me direz vous et par voie de conséquence sont bonnes à être pressées.
Ainsi donc l'olive est contente. Elle est arrivée en terre socialiste, fruit de tous les fantasmes. Elle est en possession de sa carte de touriste qu'elle a payée chère ce qui fait d'elle une très bonne olive sans noyau. Notons que l'olive arrivée en bateau payera environ quatre fois plus cher son dénoyautage. Comme si l'administration cubaine des fruits et légumes, dans un souci d'uniformisation maximale des olives, trouva trop inhabituel que des olives arrivent par voix maritime.
Les olives sont ensuite amenées à se balader dans tout le pays dans des bus ou des taxis hors de prix. Le pressage commence. Jamais l'aceituna (comme ils l'appellent localement) ne se déplacera dans les mêmes transports que les fruits et légumes locaux. Question de bon sens : il faut presser toutes les olives et éviter de presser une patate ou un concombre par inadvertance. Un concombre pressé ne donne rien de bon. Au restaurant dans les magasins, à l'entrée des musées, pour son logement, l'olive sera pressée jusqu'au dernier centime. Jusqu’à l'overdose. Jamais l'olive ne pourra prétendre être autre chose qu'une simple olive de passage. Partout on le lui rappellera. De plus l'olive ne saura jamais vraiment si ce qu'on lui dit est vrai ou si elle est prise pour une conne. Des décennies de propagande communiste ont aliéné la notion de vérité dans ce pays importateur massif d'olives. Au bout de 10-15 jours, l'olive, flapie par tant de pression, rentrera chez elle, les poches vides, exténuée, mais heureuse comme tout. La dictature du prolétariat aura eu raison de l'olive.
De ces olives on extraira une huile qui viendra graisser les rouages désunis d'un régime branlant dont les slogans révolutionnaires sonnent aussi creux que la façade de certains bâtiments. Même les vieilles voitures américaines (ou « promène-olive ») devant lesquelles tout le monde s'extasie sont probablement le plus grand mensonge de cette île. Si le touriste moyen ne braillait pas systématiquement d'excitation à l'idée de monter dedans, les Cubains les auraient sans doute bazardées depuis belle lurette.
Cuba est une matrice où l'olive se promène ravie de croire en un conte de fées depuis longtemps disparu. Un parc d'attraction à l'échelle d'une nation. La fièvre de l'or a saisi ses habitants et cet or dont ils ont été pendant si longtemps tenus à l'écart les rend fous. Une frustration engendrée par près de 60 ans de privation financière égalitariste. Les cubains prennent leur revanche en faisant cracher à l'impérialiste en visite chez lui jusqu’à son dernier peso.
L'utopie ne fait plus rêver personne. Ou plutôt fait bien marrer tout le monde. La jeune génération est visiblement captivée par les États Unis, écoute un mélange de latino/reggeaton globalement merdique et se coiffe comme Justin Bieber. Le dernier paysan socialiste mourra bien vite étouffé par les montagnes de biftons sans valeur extorqués honnêtement à l'Internationale touristique. Les tranchées d'idées valent plus que les tranchées de pierre disait Fidel. Fidel est mort. Maintenant le Cubain s'en balance, pour lui des tranchées d'or valent plus que des tranchées d'idées.
A Cuba, seuls la nature et les chiens ne mentent pas. Karl Marx relève-toi, ils sont devenus des hommes.